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"Les Amis d'Arnaga et d'Edmond Rostand" !

"Une association qui a pour but d'honorer la mémoire d'Edmond Rostand et de sa famille, de promouvoir son œuvre, ainsi que de contribuer au rayonnement d'Arnaga, sa demeure à Cambo-les-Bains au Pays Basque."
Les rubriques de gauche vous permettront de mieux nous connaître et de vous renseigner sur nos activités.
La Glycine
A mon balcon cette glycine
Tord ses bras fleuris dans le soir,
Avec le tendre désespoir
D'une princesse de Racine.
Tord ses bras fleuris dans le soir,
Avec le tendre désespoir
D'une princesse de Racine.
Elle en a la fière langueur
Et la mortelle nonchalance ;
Et lorsqu'un souffle la balance,
Et que le jour traîne en longueur,
Et tarde à partir, et recule
Le déchirement tant qu'il peut.
Elle exhale une âme d'adieu
Bérénice du crépuscule !
Le livre glisse de mes mains.
Le petit drame se termine.
« Cruel ! » dit au jour la glycine.
Les dieux blessés ont des carmins.
Par la haute porte-fenêtre,
Mystérieusement, alors,
Une des branches du dehors,
Comme un geste vivant, pénètre.
Du frémissant encadrement
Ce bras jeune et souple s'échappe ;
Et je sens sur mon front la grappe
Qu'il laisse pendre tendrement !
Tout s’embaume. Et je remercie.
Et, pour lui dire mon amour,
Je donne à la fleur, tour à tour,
Le nom d’Esther et d’Aricie.
Et je compare, les yeux sur
Mon livre tombé sans secousse,
L’odeur plus forte d'être douce
Au vers plus ardent d'être pur !
Un divin poison m'assassine !
Et je doute, en le chérissant.
Si de ma glycine il descend
Ou s’il monte de mon Racine !
Et la mortelle nonchalance ;
Et lorsqu'un souffle la balance,
Et que le jour traîne en longueur,
Et tarde à partir, et recule
Le déchirement tant qu'il peut.
Elle exhale une âme d'adieu
Bérénice du crépuscule !
Le livre glisse de mes mains.
Le petit drame se termine.
« Cruel ! » dit au jour la glycine.
Les dieux blessés ont des carmins.
Par la haute porte-fenêtre,
Mystérieusement, alors,
Une des branches du dehors,
Comme un geste vivant, pénètre.
Du frémissant encadrement
Ce bras jeune et souple s'échappe ;
Et je sens sur mon front la grappe
Qu'il laisse pendre tendrement !
Tout s’embaume. Et je remercie.
Et, pour lui dire mon amour,
Je donne à la fleur, tour à tour,
Le nom d’Esther et d’Aricie.
Et je compare, les yeux sur
Mon livre tombé sans secousse,
L’odeur plus forte d'être douce
Au vers plus ardent d'être pur !
Un divin poison m'assassine !
Et je doute, en le chérissant.
Si de ma glycine il descend
Ou s’il monte de mon Racine !
Edmond Rostand,
(Extrait des Musardises — 1890).
(Extrait des Musardises — 1890).
Note : Ce pourrait bien être là une poème prémonitoire puisqu'il y a,
actuellement, une glycine à Arnaga… mais existait-elle du
temps d'Edmond Rostand ?
actuellement, une glycine à Arnaga… mais existait-elle du
temps d'Edmond Rostand ?
