Escapade culturelle « Bilbaina » !

     Le 25 mars 2017, sous un « simirimi » insistant (crachin à la mode basque), quarante-cinq Amis (et futurs amis) d'Arnaga auraient pu chanter « Singin' in the Rain » lors de leur sortie à Bilbao pour découvrir la rétrospective d'Auguste Renoir (Limoges, 1841 – Cagnes-sur-Mer, 1919), puis celle de la collection Rupf au musée Guggenheim. Une visite organisée par le président des Amis d'Arnaga Christian Perret et l’historien et journaliste Alexandre de la Cerda.

     Après avoir suivi les méandres du fleuve Nervion et traversé le pont décoré par Buren avec vue plongeante sur le Guggenheim, l’arrivée des amis d'Arnaga au Musée Bellas Artes fut bercée par la mélodie pluvieuse qui répondait à la fontaine d’Euterpe, la muse de la Musique sculptée par Durrio en l’honneur d’Arriaga, qui accueille les visiteurs à l’entrée.  

     Conscients de cette découverte exceptionnelle de l’œuvre de Renoir, les membres de l'association découvrirent avec plus d'attention que d'habitude près de soixante-dix tableaux venus des quatre coins du monde : les musées Marmottan ou Picasso à Paris, l'Art Institute de Chicago, la National Gallery de Londres, le Metropolitan Museum of Art à New York ou le Musée Thyssen-Bornemisza à Madrid, entre autres. 

     Parmi les peintures emblématiques de cette exposition intitulée « Renoir : Intimité », on admire des portraits qui déshabillent l'âme des personnages, comme celui de son ami Claude Monet (1873, musée Marmottan), une œuvre à la touche sensible et vive qui correspond à la période impressionniste (1864-1883). Saisi au vif en train de fumer, Monet est entièrement absorbé dans la lecture de son journal, de manière à laisser entrer le spectateur dans l'intimité du personnage. 

     De son union avec Lise Tréhot, son modèle préféré, naîtront ses deux premiers enfants, Pierre et Jeanne. Lise fut remplacée par la jeune modiste Aline Charigot que le peintre Renoir épousa en 1890. De cette union naquirent trois enfants, Pierre, Jean (le cinéaste) et Claude (dit Coco), un portrait de ce dernier enfant figure avec un ruban sur ses longues boucles blondes tenant une cuillère pour boire. 

     Encore ébloui par tant de chefs-d'œuvre, le groupe s'achemina vers le musée Guggenheim pour y découvrir la collection des Rupf. La pluie n’avait pas cessé de battre les flancs de l'édifice, tel un paquebot au bord du Nervion, dont la coque en titane brillait de tous ses feux. 

     Entrés à l'intérieur du musée, une personne du groupe remarqua l'astucieuse architecture ludique de Franck Gehry qui (à l'image d'une fontaine), faisait glisser l'eau sur les parois de verre du monument.

     Au deuxième étage, venues de Suisse, les œuvres d’artistes phares de la première moitié du XXe siècle - Pablo Picasso, Georges Braque, Juan Gris, Fernand Léger, Paul Klee ou Vassily Kandinsky - auxquelles s’ajoutent les travaux d’artistes contemporains de la seconde moitié du XXe siècle à nos jours, avaient été sélectionnées pour l'exposition parmi les tableaux emblématiques de la collection de Hermann et Margrit Rupf. Le couple fut le premier collectionneur privé suisse à centrer son attention sur l’art abstrait. En 1954, les Rupf décidèrent de céder leurs œuvres — quelque 250 pièces et de nombreux livres d’art – au Kunstmuseum Bern sous forme d’une Fondation qui porta leur nom : « Hermann et Margrit Rupf ».

     « La tête encore dans les étoiles », le groupe se dirigea ensuite en car vers le prestigieux club de la Bilbaina en passant devant la Tour Iberdrola de l'architecte César Pelli. 

     Là, Alexandre de La Cerda expliqua que ce club de loisirs fut fondé pendant les affres de la première guerre carliste en 1839 par un groupe de Bilbotars, dans le style des clubs britanniques.

     Son premier président fut l'éminent homme d'affaires - également maire de la ville à deux reprises - Max Aguirre, principal initiateur du projet. Ce lieu dispose d'une des plus belle bibliothèques privées d'Europe avec ses 40.000 volumes, sa riche collection de mappemondes du XVIe siècle et de rares incunables ainsi que diverses œuvres d’art (argenterie, peinture, sculpture). Dans le magnifique immeuble inauguré en 1913, on trouve sauna et salles de massage, fronton, coiffeur, cave à vins et bars, et même chambres d’hôtes. On y ajouta, à partir de 1975, le complexe sportif (extérieur) de Laukaritz à Mungia, avec gymnase, piscines, practice de golf, tennis, etc.

     La Société a toujours marqué sa solidarité avec les problèmes de la ville et il existe de nombreux exemples de l'aide humanitaire fournie par l'association à diverses causes.

     Cette institution emblématique de la vie sociale biscayenne est à elle seule un véritable musée qui a reçu ces dernières années d’illustres visiteurs (le roi Juan-Carlos, le violoncelliste Rostropovitch et d’autres grands artistes). Après un cocktail dans l'un des prestigieux salons, un délicieux menu aux saveurs maritimes – thon, turbot - fut proposé par un personnel particulièrement stylé orné de « black ties ». Ce festin agrémenté de bons pousse-cafés servit d’heureuse conclusion à une si riche journée.

Anne de MILLER de La CERDA              

Les délices de la “Bilbaina !“

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